Hiver et technique

Le bilan environnemental des panneaux solaires au Québec, sans exagération

Au Québec, le réseau est déjà presque entièrement renouvelable. Voici ce que des panneaux solaires changent réellement pour les émissions, calculs à l'appui.

Mis à jour le 28 septembre 2026 · 7 min de lecture · Par l'équipe Larks Solar

Dans ce guide · 8 sections
  1. D'où vient l'électricité que vous consommez au Québec ?
  2. Combien de CO2 émet un kWh d'Hydro-Québec ?
  3. Et le cycle de vie d'un panneau solaire ?
  4. Le calcul pour un système de 10 kW
  5. Le solaire a-t-il quand même un intérêt environnemental ici ?
  6. Durée de vie, dégradation et fin de vie
  7. Ce que vous pouvez affirmer, et ce qu'il vaut mieux éviter
  8. Les vraies raisons d'installer des panneaux au Québec

Au Québec, des panneaux solaires réduisent peu les émissions de GES d'une maison, car le réseau est déjà presque entièrement renouvelable. En 2025, 96,9 % de l'électricité injectée sur le réseau principal d'Hydro-Québec venait de sources renouvelables, dont 89,48 % d'hydroélectricité. Le gain climatique existe, mais il est modeste : les bonnes raisons d'installer des panneaux ici sont surtout économiques et pratiques.

L'essentiel

  • Bouquet 2025 du réseau principal : 89,48 % hydraulique, 6,35 % éolien, 1,62 % nucléaire, 1,48 % fossiles (étiquette vérifiée par le BNQ).
  • Taux d'émission directe de l'électricité distribuée : 7,80 kg éq. CO2 par MWh en 2025, contre 2,48 en 2024.
  • En cycle de vie, Hydro-Québec estime 28 g éq. CO2/kWh pour l'hydroélectricité québécoise et 64 g pour le solaire photovoltaïque.
  • Un kWh solaire produit sur un toit québécois n'est donc pas « plus propre » que le kWh moyen du réseau, sur tout son cycle de vie.
  • L'intérêt collectif est ailleurs : ajouter de la production renouvelable là où la demande augmente, sans nouveau réservoir.

D'où vient l'électricité que vous consommez au Québec ?

Chaque année, Hydro-Québec publie une « étiquette des approvisionnements électriques ». Ce document, vérifié par le Bureau de normalisation du Québec (BNQ), détaille toute l'électricité produite ou achetée pour le réseau principal. Il exclut les exportations et les réseaux autonomes, comme ceux des Îles-de-la-Madeleine.

Source (2025)Volume (GWh)Part
Hydraulique177 92289,48 %
Éolien12 6256,35 %
Nucléaire3 2221,62 %
Fossiles (gaz naturel, mazout, charbon)2 9411,48 %
Biomasse et biogaz2 1011,06 %
Solaire330,02 %
Total198 843100 %

Source : Étiquette des approvisionnements électriques 2025, Hydro-Québec. Le solaire ne représente encore que 33 GWh sur près de 199 000 GWh.

Le nucléaire et les fossiles ne viennent pas de centrales québécoises actives. Ils proviennent surtout des achats sur les marchés voisins, calculés selon la composition de leur bouquet. En 2025, Hydro-Québec a produit 148 675 GWh pour le réseau principal. Elle a acheté 19 003 GWh à d'autres producteurs québécois et 31 165 GWh hors Québec, centrale des Churchill Falls comprise.

Sur sa page Notre énergie, Hydro-Québec indique aussi que son électricité provient « à plus de 99 % de sources renouvelables » sur une base annuelle. L'étiquette de 2025, qui compte tous les achats, donne 96,9 %. Les deux chiffres décrivent un réseau très peu émetteur.

Combien de CO2 émet un kWh d'Hydro-Québec ?

Hydro-Québec publie deux mesures différentes. Il faut savoir laquelle on cite.

Le taux d'émission directe

Il compte seulement les émissions de la combustion d'énergies fossiles. Les sources renouvelables et le nucléaire y reçoivent un facteur nul. Le taux varie selon les années, parce que la part des achats externes change.

AnnéeTaux d'émission (kg éq. CO2/MWh)
199032,8
20200,5
20230,6
20242,48
20257,80

Source : Taux d'émission de GES associés aux approvisionnements résiduels 1990-2025, Hydro-Québec. Un kg par MWh équivaut à un gramme par kWh.

Pourquoi la hausse en 2025 ? Selon Hydro-Québec, les apports naturels en eau ont été largement inférieurs à la normale pour une troisième année de suite. L'entreprise a donc acheté davantage d'électricité à l'extérieur pour ménager ses réservoirs. Même à 7,80 g/kWh, le taux reste très bas.

Le taux « cycle de vie »

Cette seconde mesure inclut la construction des barrages, des lignes et des postes, puis l'exploitation. Hydro-Québec l'établit à 34,5 g éq. CO2/kWh pour l'électricité produite, transportée et distribuée. C'est ce chiffre qu'il faut comparer au cycle de vie d'un panneau solaire.

Et le cycle de vie d'un panneau solaire ?

Un panneau n'émet presque rien pendant qu'il produit. Ses émissions se concentrent avant la mise en service : extraction des matériaux, fabrication, transport et installation. Hydro-Québec présente ces estimations pour chaque filière.

FilièreÉmissions en cycle de vie (g éq. CO2/kWh)
Nucléaire8
Éolien14
Hydroélectricité québécoise28
Solaire photovoltaïque64
Thermique au gaz naturel608
Thermique au mazout880
Thermique au charbon880

Source : Hydro-Québec, Notre énergie. La page ne précise ni l'année ni l'auteur de l'analyse. Traitez ces valeurs comme des ordres de grandeur.

La conclusion est directe. Par kWh, le solaire émet environ dix fois moins que le gaz naturel. Mais il émet plus que l'hydroélectricité québécoise sur l'ensemble de son cycle de vie.

Le calcul pour un système de 10 kW

Prenons un système réel de 10 kW qui produit environ 12 000 kWh par année. Voici trois façons de lire son effet.

  • Selon le taux direct 2025 : 12 000 kWh × 7,80 g = 93 600 g, soit environ 94 kg éq. CO2 par année que le réseau n'a pas à fournir.
  • Selon le taux cycle de vie du réseau : 12 000 kWh × 34,5 g = 414 000 g, soit 414 kg par année.
  • Émissions propres au solaire : 12 000 kWh × 64 g = 768 000 g, soit 768 kg par année, réparties sur la vie des panneaux.

Dans un réseau alimenté au gaz naturel, la même production remplacerait 12 000 × 608 g = 7 296 kg, soit environ 7,3 tonnes par année. C'est là que le solaire change vraiment le bilan d'une maison. Au Québec, l'effet direct se compte plutôt en dizaines de kilos.

Au Québec, ne présentez pas vos panneaux comme un moyen de réduire vos émissions de plusieurs tonnes par année. Les gestes qui remplacent un combustible fossile, comme le mazout ou l'essence, ont un effet beaucoup plus grand sur l'empreinte d'un ménage.

Le solaire a-t-il quand même un intérêt environnemental ici ?

Oui, mais il est collectif et indirect. Trois éléments permettent de le situer honnêtement.

La demande d'électricité augmente

Hydro-Québec vise 3 000 MW de solaire d'ici 2035, dont l'équivalent de 125 000 clients avec des panneaux à domicile. Le solaire sur les toits utilise des surfaces déjà bâties. Il n'exige ni nouveau réservoir ni nouvelle ligne de transport.

Les années sèches coûtent en émissions

L'étiquette de 2025 montre ce qui arrive quand l'eau manque : plus d'achats externes, donc un taux d'émission plus élevé. Chaque kWh produit sur votre toit est un kWh que le réseau n'a pas à fournir à ce moment. L'effet exact dépend toutefois de ce qu'Hydro-Québec aurait fait autrement : importer, exporter moins ou turbiner davantage. Aucune source publique ne le chiffre pour une maison.

Le décalage entre l'été et l'hiver

Selon les données théoriques de RNCan pour Blainville, environ 58 % de la production annuelle arrive d'avril à septembre. Or, au Québec, le chauffage et la climatisation représentent 54 % de la consommation d'un logement chauffé à l'électricité. Le solaire aide donc peu pendant les pointes d'hiver. La production de votre ville se consulte dans notre outil de production solaire par ville et dans le guide sur les panneaux solaires en hiver.

Durée de vie, dégradation et fin de vie

Plus un panneau dure, plus ses émissions de fabrication se répartissent sur un grand nombre de kWh. Hydro-Québec évalue la durée de vie des panneaux à 20 à 30 ans. Le NREL mesure une dégradation médiane de 0,5 % par année.

Pour notre système de 10 kW, la production de la 25e année serait d'environ 12 000 kWh × 0,995²⁴, soit près de 10 640 kWh. Sur 25 ans, la production cumulée atteint environ 283 000 kWh. Le détail des garanties est expliqué dans le guide sur la durée de vie et les garanties des panneaux.

La fin de vie compte aussi dans le bilan. Les filières existantes au Québec sont présentées dans notre guide sur le recyclage des panneaux solaires. Nous n'y avançons que ce qui est vérifiable.

Ce que vous pouvez affirmer, et ce qu'il vaut mieux éviter

  • Oui : « Je produis localement une partie de mon électricité à partir d'une source renouvelable. »
  • Oui : « J'utilise une surface déjà bâtie pour ajouter de la production au réseau québécois. »
  • Non : « Mes panneaux réduisent mes émissions de plusieurs tonnes par année. » Ce n'est pas le cas avec le réseau d'Hydro-Québec.
  • Non : « Ma maison est carboneutre grâce au solaire. » Le cycle de vie des panneaux a aussi une empreinte.

Les vraies raisons d'installer des panneaux au Québec

La décision se joue surtout sur la facture et le coût net. En date de septembre 2026, la subvention LogisVert d'Hydro-Québec verse 1 000 $ par kW installé, jusqu'à 40 % du coût admissible. Les détails sont sur notre page subvention LogisVert pour panneaux solaires.

La réponse complète à la question « pourquoi le solaire avec une électricité peu chère ? » se trouve dans le guide pourquoi installer des panneaux solaires au Québec. Les chiffres de rendement sont dans le guide sur la rentabilité des panneaux solaires. Lors de l'analyse gratuite, Larks estime la production de votre toit à partir de votre orientation et de votre ombrage, sans promesse environnementale gonflée.

Questions fréquentes

Les panneaux solaires sont-ils écologiques au Québec ?

Ils produisent une électricité renouvelable, mais le réseau québécois l'est déjà à 96,9 % en 2025. En cycle de vie, Hydro-Québec estime 64 g éq. CO2/kWh pour le solaire et 28 g pour l'hydroélectricité québécoise. Le gain climatique d'une installation résidentielle est donc faible au Québec.

Combien de temps faut-il à un panneau pour compenser sa fabrication ?

Aucune source officielle québécoise ne publie ce délai pour une maison. Il dépend du pays de fabrication, de l'énergie utilisée en usine et de la production réelle du toit. Méfiez-vous des chiffres avancés sans source.

Hydro-Québec achète-t-elle de l'électricité produite au gaz ou au charbon ?

Oui, en petite quantité. Selon l'étiquette 2025, 1,48 % des approvisionnements du réseau principal étaient d'origine fossile, surtout par des achats sur les marchés voisins. Cette part augmente les années où les apports en eau sont faibles.

Les panneaux solaires émettent-ils des GES pendant leur fonctionnement ?

Presque pas. Leurs émissions viennent surtout de la fabrication, du transport et de l'installation. C'est pourquoi une longue durée de vie améliore leur bilan par kWh produit.

Le solaire aide-t-il Hydro-Québec pendant les pointes d'hiver ?

Peu. La production solaire est concentrée d'avril à septembre, alors que la demande québécoise culmine en hiver avec le chauffage. Une batterie peut déplacer quelques heures de consommation, mais pas une saison.

Sources

Informations vérifiées en date du 28 septembre 2026. Les programmes et les tarifs d'Hydro-Québec peuvent changer : consultez toujours la page officielle avant de décider.

Estimation gratuite, sans engagement

Votre estimation écrite, en 4 questions

Moins d'une minute. Nous vous rappelons pour fixer une visite gratuite : toit, panneau électrique et consommation. Vous recevez ensuite le prix, la subvention et la production mois par mois, par écrit.

  • Votre subvention LogisVert calculée au dollar près
  • Production estimée mois par mois, hiver compris
  • Vos coordonnées ne sont jamais revendues

Vous préférez parler à quelqu'un ? 514 923-6608
Lun. au ven. 9 h à 17 h

Étape 1 sur 4

Êtes-vous propriétaire de la maison visée par le projet ?
Qu'est-ce qui vous intéresse ?
Parlez-nous de votre maison

Choisissez votre ville dans la liste.

Choisissez une tranche.

Choisissez une option.

Où pouvons-nous vous joindre ?

Entrez votre prénom.

Entrez votre nom.

Entrez un numéro à 10 chiffres.

Entrez une adresse courriel valide.