Dans ce guide · 10 sections
- Pourquoi la production baisse-t-elle l'hiver ?
- La production mois par mois dans 5 villes
- Quelle part de la production tombe en hiver ?
- Pour un système de 10 kW, ça donne quoi ?
- Pourquoi mars dépasse juin sur papier
- La neige : ce qu'on sait vraiment
- Toit plat : un cas à part en hiver
- Comment vos surplus d'été paient une partie de l'hiver
- Hiver et pannes de courant
- Maximiser la production d'hiver
Oui. Selon RNCan, 1 kW de panneaux plein sud à Montréal produit en théorie 63 kWh en décembre et 77 kWh en janvier. En juillet, c'est 123 kWh. La neige, que RNCan ne modélise pas, réduit la production annuelle d'environ 2 à 5 %, selon le gouvernement du Québec.
L'essentiel
- Novembre et décembre sont les mois les plus faibles sur papier : environ la moitié de la production de juillet.
- De novembre à février, RNCan prévoit environ le quart de la production annuelle, mais sans tenir compte de la neige. La part réelle est plus faible.
- Le froid améliore le rendement des cellules. Ce sont les jours courts et le soleil bas qui limitent la production.
- Avec une inclinaison égale à la latitude, mars fait partie des meilleurs mois de l'année dans les données RNCan.
- Le mesurage net reporte vos surplus d'été sur vos factures d'hiver.

Pourquoi la production baisse-t-elle l'hiver ?
Deux facteurs expliquent la baisse : des journées plus courtes et un soleil plus bas dans le ciel. Le froid, lui, n'est pas en cause. Le gouvernement du Québec le rappelle : le froid augmente légèrement le rendement des panneaux, mais la production d'hiver reste plus faible.
La fiche technique d'un panneau l'exprime par le coefficient de température. Pour le Qcells Q.TRON, il est de −0,29 % par degré (fiche Qcells). Autrement dit, une cellule 10 degrés plus froide produit environ 2,9 % de plus, à ensoleillement égal.
La production mois par mois dans 5 villes
Le tableau reprend les valeurs mensuelles de Ressources naturelles Canada pour 1 kW orienté plein sud, incliné selon la latitude. RNCan applique un ratio de performance de 0,75, qui inclut les pertes du système, et s'appuie sur l'ensoleillement mesuré de 1974 à 1993. Ses valeurs mensuelles ne tiennent compte ni de la neige ni de la température.
| Mois (kWh par kWc) | Montréal | Blainville | Saint-Jérôme | Mont-Tremblant | Joliette |
|---|---|---|---|---|---|
| Janvier | 77 | 78 | 79 | 81 | 79 |
| Février | 96 | 97 | 97 | 100 | 98 |
| Mars | 125 | 127 | 126 | 131 | 128 |
| Avril | 111 | 112 | 112 | 117 | 113 |
| Mai | 119 | 119 | 117 | 118 | 118 |
| Juin | 116 | 115 | 114 | 113 | 114 |
| Juillet | 123 | 123 | 122 | 121 | 122 |
| Août | 118 | 118 | 116 | 115 | 117 |
| Septembre | 100 | 99 | 98 | 96 | 99 |
| Octobre | 84 | 83 | 82 | 80 | 82 |
| Novembre | 58 | 58 | 57 | 57 | 58 |
| Décembre | 63 | 63 | 64 | 65 | 64 |
| Total des 12 mois | 1 190 | 1 192 | 1 184 | 1 194 | 1 192 |
L'écart annuel entre ces 5 villes est inférieur à 1 % : de 1 184 kWh à Saint-Jérôme à 1 194 kWh à Mont-Tremblant. Le total des 12 mois peut différer de 1 ou 2 kWh de la valeur annuelle publiée par RNCan, à cause des arrondis mensuels.
Détail intéressant : sur papier, Mont-Tremblant produit plus que Montréal de janvier à mars (81, 100 et 131 kWh contre 77, 96 et 125). Comme RNCan ne modélise pas la neige, cet avantage ne dit rien de l'enneigement réel des panneaux dans les Laurentides.

Quelle part de la production tombe en hiver ?
| Ville | Novembre à février (kWh par kWc) | Part théorique de l'année | Décembre ÷ juillet |
|---|---|---|---|
| Montréal | 294 | 24,7 % | 0,51 |
| Blainville | 296 | 24,8 % | 0,51 |
| Saint-Jérôme | 297 | 25,1 % | 0,52 |
| Mont-Tremblant | 303 | 25,4 % | 0,54 |
| Joliette | 299 | 25,1 % | 0,52 |
Selon ces données, novembre à février représentent environ 25 % de l'année. Avril à septembre en représentent environ 58 % (à Blainville : 686 ÷ 1 192). Décembre produit environ la moitié de juillet dans les 5 villes.
Ces 25 % sont une valeur théorique calculée sans neige. Ils ne représentent pas la production réelle d'hiver. Des panneaux couverts de neige produisent peu tant qu'ils ne se dégagent pas, et la part réelle de l'hiver est donc plus faible.
Pour un système de 10 kW, ça donne quoi ?
Il suffit de multiplier les valeurs par 10. À Blainville, un système de 10 kW produirait en théorie 630 kWh en décembre, 780 kWh en janvier et 1 230 kWh en juillet. De novembre à février, le total atteindrait 2 960 kWh sur 11 920 kWh par année, avant l'effet de la neige.
Le guide sur la production d'un panneau solaire au Québec fait la conversion pour un panneau de 400 W et un système de 8 kW. Pour une municipalité précise, utilisez l'outil de production solaire par ville.
Pourquoi mars dépasse juin sur papier
Dans le tableau, mars (125 à 131 kWh) dépasse juin (113 à 116 kWh) dans les 5 villes. L'explication tient à l'angle. Un panneau incliné selon la latitude fait face au soleil bas du printemps presque de front. En juin, le soleil très haut frappe le même panneau plus en biais.
La réalité est moins nette. En mars, les panneaux sont parfois encore sous la neige, un effet que RNCan ignore. Une forte inclinaison garde tout de même un avantage. Selon une étude ontarienne (Andrews, Pollard et Pearce, 2013), les pertes dues à la neige diminuent quand l'inclinaison augmente.
La neige : ce qu'on sait vraiment
La donnée la plus solide vient du gouvernement du Québec : l'accumulation de neige réduit la production d'environ 2 à 5 % par année. Les pertes se concentrent sur les mois où la production est déjà la plus faible, ce qui limite leur poids sur l'année. Faut-il pour autant monter sur le toit ? La réponse est dans le guide faut-il déneiger ses panneaux solaires.

Toit plat : un cas à part en hiver
Des panneaux posés presque à plat captent mal le soleil bas. À Montréal, RNCan donne 969 kWh par kW et par année pour des panneaux horizontaux, contre 1 190 kWh à l'inclinaison de la latitude. C'est environ 19 % de moins, avant même de compter la neige.
Une faible pente retient aussi la neige plus longtemps, selon l'étude ontarienne citée plus haut. Sur un toit plat, les structures inclinées sont donc la règle. Le guide sur les panneaux solaires sur toit plat présente les options.

Comment vos surplus d'été paient une partie de l'hiver
Avec le mesurage net d'Hydro-Québec, les kWh produits en trop pendant l'été vont dans une banque de surplus. Ils réduisent ensuite les kWh facturés des périodes suivantes, en particulier l'hiver. La banque est remise à zéro le 31 mars des années paires, donc après la saison de chauffage.
Le solde restant à ce moment est crédité à 4,73 ¢ le kWh, en date de septembre 2026 (Option de mesurage net). On dimensionne donc un système sur la consommation annuelle, pas sur les besoins de janvier. Le guide sur le mesurage net d'Hydro-Québec détaille ce mécanisme.
Hiver et pannes de courant
Une panne en plein hiver ne sera pas compensée par les panneaux seuls. Sans batterie, un système raccordé s'arrête pendant une panne d'Hydro-Québec, pour protéger les monteurs de lignes. Avec une batterie et un onduleur multimode, les panneaux peuvent recharger la batterie, qui alimente un panneau de charges critiques.
En hiver, la production est faible et le chauffage électrique consomme énormément. Une batterie sert alors à garder l'essentiel en marche, pas à chauffer toute la maison pendant des jours. Le calculateur d'autonomie de batterie aide à estimer ce qu'elle peut couvrir.
Maximiser la production d'hiver
- Privilégier un versant plein sud : les valeurs RNCan ci-dessus supposent cette orientation. Voyez l'effet des autres choix dans le guide sur l'orientation et l'inclinaison des panneaux.
- Viser une inclinaison proche de la latitude, meilleure pour le soleil bas et pour le glissement de la neige.
- Vérifier l'ombrage d'hiver : le soleil bas allonge les ombres des arbres, des cheminées et des bâtiments voisins.
- Suivre la production dans l'application de l'onduleur, en gardant en tête que les valeurs RNCan sont un plafond théorique.
- Ne pas monter sur un toit glacé pour gagner quelques kWh.
Lors de l'analyse gratuite à domicile, nous vérifions l'orientation, l'inclinaison et l'ombrage d'hiver de votre toit.
Questions fréquentes
Les panneaux solaires produisent-ils sous un ciel nuageux en hiver ?
Oui, mais beaucoup moins que par temps clair. Les moyennes mensuelles de RNCan tiennent déjà compte des journées nuageuses, puisqu'elles reposent sur l'ensoleillement mesuré de 1974 à 1993. Une semaine grise de décembre produira donc moins que la moyenne du mois.
Faut-il un système plus gros pour couvrir l'hiver ?
En général, non. Le mesurage net reporte les surplus de l'été sur les factures d'hiver. On dimensionne donc selon la consommation annuelle. Viser les besoins de janvier donnerait un système trop gros, dont le surplus ne vaut que 4,73 ¢ le kWh à la remise à zéro (en date de septembre 2026).
Quelle inclinaison choisir pour l'hiver ?
À Montréal, RNCan donne 1 190 kWh par kW et par année avec une inclinaison égale à la latitude, autant qu'à la latitude moins 15 degrés. À la latitude plus 15 degrés, la production annuelle baisse à 1 129 kWh, soit environ 5 % de moins. Une forte pente aide toutefois la neige à glisser.
Pourquoi ma production de décembre est-elle sous les chiffres de RNCan ?
Les valeurs RNCan sont théoriques : plein sud, sans ombrage et sans neige. Un toit orienté autrement, des ombres plus longues en hiver ou des panneaux enneigés expliquent un écart. Comparez plutôt votre production annuelle à l'estimation écrite de votre installateur.
Les panneaux fonctionnent-ils par grand froid ?
Oui, s'il y a du soleil. Le froid n'empêche pas la production : à ensoleillement égal, un panneau froid produit un peu plus qu'un panneau chaud. Par une belle journée de janvier, c'est la durée du jour qui limite la production, pas la température.
Sources
- Potentiel photovoltaïque et ressource solaire du Canada (RNCan)
- Jeu de données : potentiel photovoltaïque des municipalités (Gouvernement ouvert)
- Énergie solaire (Gouvernement du Québec)
- The effects of snowfall on solar photovoltaic performance (Andrews, Pollard et Pearce, Solar Energy, 2013)
- Fiche technique Q.TRON BLK M-G2 (Qcells)
- Option de mesurage net (Option I) (Hydro-Québec)
Informations vérifiées en date du 28 septembre 2026. Les programmes et les tarifs d'Hydro-Québec peuvent changer : consultez toujours la page officielle avant de décider.